Mercredi 17 FEVRIER 2016 – Endodontie et chirurgie endodontique. Régénération et préservation du capital osseux. Une stratégie pour l’implantologie. Dr Jean Yves COCHET

RESUME DE LA SOIREE

Endodontie et chirurgie endodontique. Régénération et préservation du capital osseux. Une stratégie pour l’implantologie.    

Dr Jean Yves COCHET

Afficher l'image d'origine• Docteur en Chirurgie Dentaire en 1984 
• CES de Biologie buccale en 1986
• CES d’Endodontie et d’Odontologie Conservatrice en 1987
• Diplôme Universitaire d’Etudes Cliniques Spécialisées en Endodontie – PARIS VII – 1990
• Ancien Assistant de l’Université PARIS VII 
• Ancien Odontologiste Assistant des Hôpitaux de PARIS – 1986 à 1990
Enseignant au D.U.E.C.S.E (Diplôme de spécialité en Endodontie) de 1990 à 1996,
• Enseignant depuis 1999 dans le « post graduate program of endodontics » de la FLORIDA Southeadtern NOVA University (U.S.A)
• Président de la Société Française d’Endodontie de 1998 à 2000
• Tresorier de l’IFEA (2005-2007)
• Visiting Professor NOVA Southeastern University College of Dental Medicine (Florida USA) depuis 2008

 

 

Le mercredi 17 février, le CFLIP (Cercle Franco Libanais d’Implantologie et de Parodontologie) a eu le plaisir de recevoir le docteur Jean-Yves Cochet, confrère spécialisé en endodontie et fort d’une reconnaissance dépassant les frontières hexagonales, pour une conférence/débat qui s’inscrivait parfaitement dans l’esprit multidisciplinaire, curieux et ouvert qui anime le Cercle. Cette soirée scientifique inaugurait le cycle des quatre conférences annuelles du Cercle sous la présidence du docteur Thierry Kuntz. Mettre en perspective l’endodontie avec l’implantologie peut sembler une gageure mais la démonstration pertinente du docteur Cochet a relevé le défi. Souvent rattachée à un enjeu de conservation de l’organe dentaire, l’endodontie telle que l’a présentée le Dr Cochet a rapproché deux disciplines qui trop souvent paraissent en concurrence.

Naturellement l’indication de la conservation de la dent doit être clairement établie. Dans ce domaine, l’examen tomodensitométrique (scanner ou cône beam) constitue un outil diagnostic primordial et permet d’orienter la planification endo-chirurgicale guidée selon les principes de préservation osseuse. L’évaluation des risques de fractures dentaires liés à la dépose des éléments prothétiques intra-radiculaires permet parfois de privilégier une chirurgie endodontique en première intention. 

Ce choix thérapeutique souvent considéré comme une intervention de dernier recours est aussi indiqué en cas d’échec à la reprise de traitement. Il convient d’effectuer un choix judicieux entre l’option du retraitement conventionnel ou celle chirurgicale d’emblée.

La mise en place d’implant dentaire impose la suppression de foyers infectieux présents . Au maxillaire cet impératif est renforcé par les risques infectieux encourus lors de comblements sinusiens. Le rapport entre les pathologie ORL et les infections diffuses d’origine dentaire sont bien connues. L’endodontie permet l’assainissement préalable indispensable et assure une sécurité chirurgicale vis à vis de la phase implantaire.

Si son objectif principal vise l’élimination des facteurs bactériens, la discipline endodontique offre aussi des perspectives de réparation naturelle des tables osseuses atteintes par les infections. 

Le docteur Cochet a mis en évidence l’intérêt de l’endodontie dans la transformation des lésions intraosseuses en volume osseux régénéré. Une fois le traitement endodontique repris et la« décompression » chirurgicale de la lésion kystique effectuée, les parois osseuses résiduelles jouent un rôle de chambre de régénération osseuse. La réparation tissulaire est progressive et doit être régulièrement réévaluée. Cette stratégie endodontique présente l’avantage de retrouver des parois osseuses au voisinage de dents compromises et donc de réduire les besoins de reconstruction pré implantaires en cas d’avulsion ultérieure de ces dents. 

L’approche chirurgicale endodontique du docteur Cochet repose sur la réduction drastique du coefficient bactérien péri-apical en privilégiant des voies d’accès limitées (volet osseux réalisés à l’aide d’inserts de piézochirurgie, et repositionnés en fin d’intervention) et l’obturation a retro de la portion radiculaire réséquée. Une chirurgie peu invasive, conduite à l’aide d’un microscope opératoire et d’instruments adaptés autorise ces interventions respectueuse des tissus environnants et favorise la cicatrisation et la régénération osseuse.

Du matériel innovant comme le laser Erbium semble offrir une nouvelle dimension dans l’approche du traitement endodontique. Des cas cliniques d’avulsions / réimplantations intentionnelles parfaitement maitrisés dans leur protocole chirurgical et endodontique ont conclu de façon captivante l’échange entre le docteur Cochet et les participants.

Cette échappée en territoire endodontique organisée par le CFLIP s’est révélée en parfaite adéquation avec les conditions recherchées en implantologie : intervenir sur un site assaini et régénéré pour limiter le risque infectieux et les besoins de reconstruction pré ou péri implantaire. Enfin l’approche du docteur Cochet a permis à l’assistance de percevoir l’aspect stratégique de la thérapeutique endodontique aussi bien dans sa composante conventionnelle que chirurgicale, et  de mieux cerner ses limites pour reconsidérer sous un éclairage indispensable la question du« conserver ou extraire ?».

Ce type d’échange et de partage des connaissances constitue la raison d’être du Cercle. Des intervenants renommés livrent les conclusions de leurs recherches et de leur expérience au cours des débats du Cercle. Si les thématiques sont originales, le sérieux scientifique étaye les argumentations. Les échanges s’accompagnent de la convivialité qu’ont souhaité les fondateurs et qui anime les membres du bureau.